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cherchèrent un refuge auprès de Ziri-Ibn-Atïa, mais Makcen et son fils Mohcen restèrent avec Felfoul. Ce chet passa dans le Désert, l'an 394, au moment où Badîs, qui le poursuivait, était parvenu à Biskera.

Pendant ces troubles, Zîri-Ibn-Atïa avait tenu Achîr étroitement bloqué et, quand il leva enfin le siége, il perdit l'appui d'Abou-l-Behar qui alla rejoindre Badîs et rentrer avec lui dans Cairouan.

Felfoul-Ibn-Said avança alors jusqu'aux environs de Cabes, rassembla sous ses drapeaux les peuplades zenatiennes de cette localité et du territoire de Tripoli, ville dont il parvint ensuite à s'emparer. L'occupation de Tripoli eut lieu sous les circonstances suivantes : cette forteresse et les contrées voisines avaient formé un des gouvernements de l'empire égyptien ; quand ElMoëzz, le fatemide, partit pour le Caire, il y laissa comme commandant un officier ketamien nommé Abd-Allah-Ibn-Yakhlof. Après la mort d'El-Moëzz, Bologguîn-Ibn-Ziri obtint d'AzîzNizar, le nouveau khalife, l'autorisation d'incorporer Tripoli dans ses états et il y envoya en qualité de gouverneur TemsoultIbn-Bekkar, affranchi qu'il aimait beaucoup et qui exerçait à cette époque le commandement de Bône. Temsoult conserva le gouvernement de Tripoli pendant une vingtaine d'années; mais, s'étant aperçu que, sous le règne de Badîs, on ne lui témoignait plus la même considération qu'autrefois, il fit demander à ElHakem, souverain de l'Egypte, la permission d'aller s'établir au Caire et de lui remettre la ville de Tripoli. Or, Berdjouan l'esclavon jouissait alors d'une grande influence à la cour d'Egypte et, comme il craignait la rivalité d'un autre esclavon nommé Yanès, il lui avait fait donner le gouvernement de Barca afin de le tenir éloigné de la capitale. Profitant ensuite des demandes répétées que Temsoult faisait parvenir au Caire, il conseilla à El-Hakem d'envoyer Yanès à Tripoli. Le khalife approuva cet avis et transmit à Yanès sa nomination au gouvernement de cette place, avec l'ordre de s'y transporter sur le champ. Yanès arriva à sa destination l'an 390 (1000), et Temsoult partit pour l'Egypte. A la première nouvelle de cet arrangement, Badîs or

donna à son général, Djâfer-Ibn-Habib, d'emmener un corps de troupes et d'empêcher Yanès d'entrer dans la ville. Celui-ci livra bataille au chef sanhadjien, essuya une défaite et perdit la vie. Fotouh-Ibn-Ali, un de ses officiers, courut s'enfermer dans Tripoli. Djâfer y mit le siége, mais, au bout de quelque temps, il reçut une lettre par laquelle Youçof-Ibn-Amer, gouverneur de Cabes, lui annonçait que Felfoul-Ibn-Saîd était campé auprès de cette ville et qu'il avait l'intention de marcher sur Tripoli. Djâfer se dirigea aussitôt vers les montagnes [pour s'y réfugier] et laissa Felfoul occuper les positions qu'il venait d'abandonner. Les souffrances que ses troupes enrent à éprouver dans leur lieu de retraite devinrent si grandes qu'il prit enfin la résolution de risquer une bataille afin de gagner Cabes. Felfoul s'écarta de la route pour le laisser passer, et, arrivé à Tripoli, où il fut parfaitement accueilli par les habitants, il décida Fotouh-Ibn-Ali à lui céder le commandement. Devenu maître de la ville et de la province de Tripoli, en l'an 391 (1001), il fit porter aussitôt à El-Hakem l'assurance de son dévouement, et ce monarque envoya Yahya - Ibn- Ali - Ibn - Hamdoun pour prendre le commandement des gouvernements réunis de Tripoli et de Cabes. Yahya entreprit de réduire cette dernière ville avec l'aide des troupes zenatiennes sous les ordres de Felfoul et de Fotouh-IbnAli-Ibn-Ghafyanan, mais, après l'avoir assiégé pendant quelque temps, il décampa et prit la route de Tripoli, d'où il partit ensuite pour l'Egypte.

Resté en possession de Tripoli, Felfoul ent à soutenir une longue guerre contre Badîs et, comme il avait perdu tout espoir d'être secouru par le gouvernement égyptien, il fit porter ses homimages à El-Mehdi-Mohammed-Ibn-Abd-el-Djebbar, souverain de Cordoue, en le priant de lui venir en aide. Il mourut en l'an 400 (1009-1010), quelque temps avant le retour de ses ambassadeurs.

Les Zenata se rallièrent alors autour de son frère, QuerrouIbn-Said. Ce chef, ayant appris que Badîs marchait sur Tripoli, s'enfuit avec ses zenatiens, et la milice, qu'il n'avait pas pu emmener, sortit au-devant du prince sanhadjien, le fit entrer dans

la ville et le conduisit au palais. Ouerrou envoya alors à Badis une demande de grâce. La députation chargée de présenter cette supplique rencontra Mohammed-Ibn-Hacen, officier de confiance que Badis avait expédié au-devant d'elle avec un sauf-conduit et fut présentée par lui au prince. En réponse à sa prière, elle reçut une amnistie générale avec la nomination de Ouerrou au gouvernement de Nefzaoua et celle d'En- Naïm - Ibn - Kennoun [émir zenatien] au gouvernement de Castilia, à la condition toutefois que ces deux chefs et leurs partisans évacueraient la province de Tripoli. Badîs repartit alors pour Cairouan et laissa le commandement de Tripoli à Mohammed-Ibn-Hacen. Ouerrou alla s'établir à Nefzaoua et En-Naïm à Castîlïa.

En l'an 401 (1010-1), Ouerrou répudia l'autorité de Badîs, se jeta dans les montagnes habitées par les Aïth-Demmer et forma avec eux une alliance contre Badis. En-Naïm s'empara alors de Nefzaoua et ajouta ce pays à ses états. En 402 (1011). Khazroun, fils de Said, abandonna son frère Querrou et se rendit à Cairouan, auprès du sultan Badîs dont il reçut un bon accueil, un beau cadeau et le gouvernement de Nefzacua. Les BeniMedjlia, famille qui suivait sa fortune, obtinrent le gouvernement de Cafsa, et les Zenata [de son parti] furent mis en possession de tous les villages de l'eau (Moden-el-Ma]. Bientôt après, Mohammed - Ibn-Hacen, gouverneur de Tripoli, sortit contre Ouerrou qui approchait avec ses partisans zenatiens pour attaquer la ville, et, après un combat dans lequel beaucoup de ceux-ci succombèrent, il força le reste à prendre la fuite. Plus tard, Ouerrou renouvella sa tentative; et il avait déjà formé le siége de Tripoli, quand son frère Khazroun et En-Naïm-IbnKennoun, émirs du Djerid, recurent de Badîs l'ordre de marcher contre lui. Les deux armées se rencontrèrent à Sabra, entre Tripoli et Cabes; mais au lieu de se battre, elles se mirent d'accord, et Khazroun, voyant passer ses troupes du côté de Ouerrou, rentra dans son gouvernement. Le sultan crut qu'il y avait collusion entre les deux frères et fit porter à Khazroun l'ordre de venir le trouver. Le Maghraouien y soupçonna un piége et ́refusa d'obéir; puis, ayant su que Fotouh-Ibn-Ahmed venait

avec les troupes du sultan pour le mettre à la raison, il quitta Nefzaoua, l'an 404 (1013-4), entraîna daus sa fuite le reste des Zenata avec son collègue En-Naïm et alla rejoindre Ouerrou. Les deux frères prirent alors la résolution de se soutenir mutuellement et de mettre le siége devant Tripoli.

Les ravages commis par les Zenata pendant cette révolte irritèrent enfin le sultan à un tel degré qu'il fit mourir tous les otages que ce peuple lui avait remis. Par une triste fatalité, le même sort atteignit Mocatel-Ibn-Saîd qui, après avoir abandonné son frère Ouerrou, était venu avec ses enfants et plusieurs de ses parents afin d'offrir sa soumission. Tous ces malheureux furent mis à mort. Dès lors, Badîs ne s'occupa plus de Ouerrou à cause de la guerre qu'il avait à soutenir contre son oncle Hammad; et, quand il fut enfin rentré à Cairouan, après avoir enlevé Chelif à son adversaire, il reçut du chef zenatien uu acte de soumission.

Après la mort de Ouerrou, événement qui eut lieu en 405 (1014-5), son peuple, les Zenata, se partagea en deux partis dont l'un soutint les prétentions de Khalifa, fils de Ouerrou, et l'autre se déclara pour Khazroun, frère de Ouerrou. MohammedIbn-Hacen, gouverneur de Tripoli, travailla secrètement à entretenir cette mésintelligence et il y réussit si bien que Khalifa, auquel une grande partie des Zenata était venu se rallier, tomba sur les amis de Khazroun et s'empara de leur camp [GuitounZenata]. Par ce coup de main, Khalifa établit son autorité sur les Zenata tripolitains et parvint à remplacer son père. Il réussit ensuite à faire agréer sa soumission au sultan Badîs qui faisait, à cette époque, le siége de la Calà-Beni-Hammad.

En l'an 406 (1015-6), eurent lieu la mort de Badîs et l'avènement de son fils El-Moëzz. Khalifa-Ibn-Ouerrou se révolta contre le nouveau souverain, et, jusqu'à l'an 413 (1022-3), il permit à son frère Hammad de faire des incursions dans les territoires de Cabes et de Tripoli. Abd-Allah-Ibn-Hacen, gouverneur de Tripoli, trahit alors ses devoirs et livra sa ville à Khalifa. En agissant ainsi, il céda au désir de venger sou frère Mohammed, mis à mort par El-Moëzz-Ibn-Badis. Ce souverain, en montant

sur le trône, avait nommé Abd-Allah-Ibn-Hacen au gouvernement de Tripoli, en remplacement de Mohammed qu'il fit venir à la cour. Pendant sept ans, celui-ci resta auprès d'El-Moëzz et dirigea l'administration de l'état en jouissant de la faveur du prince, mais il succomba enfin aux calomnies et aux intrigues de ses nombreux ennemis. Son frère en fut tellement indigné qu'il remit la ville de Tripoli à Khalîfa-Ibn-Ouerrou. Tous les Sanhadja qui s'y trouvaient furent passés au fil de l'épée. Khalîfa s'ins talla dans le palais d'Abd-Allah-Ibn-Hacen qu'il expulsa de la ville après avoir confisqué ses biens et saisi son harem. Ayant ainsi rétabli la domination de la famille Khazroun dans Tripoli, Khalifa s'adressa, en l'an 417 (1026), à Ed-Daher-Ibn-el-Hakem, khalife de l'Égypte, et obtint sa confirmation dans le gouvernement dont il s'était emparé. Il prit alors l'engagement d'y maintenir la souveraineté de ce prince, de pourvoir à la sûreté des routes et de fournir des escortes aux caravanes. La même année, il envoya son frère Hammad auprès d'El-Moëzz[, fils et successeur de Badîs,] avec un riche cadeau. Ce témoignage de respect fut bien reçu et mérita à son auteur un don tout aussi magnifique que le sien.

Ici finit le récit d'Ibn-er-Rakîk au sujet de la famille Khazroun; les renseignements qui suivent nous sont fournis par IbnHammad et d'autres historiens.

Entre les années 430 et 440, les Zenata de la province de Tripoli marchèrent à la rencontre d'El-Moëzz qui s'avançait pour les attaquer, et mirent en déroute ses Sanhadjiens, tuèrent Abd-Allah, fils de Hammad [-Ibn-Bologguîn] et firent prisonnière Omm-el-Alou, sœur d'El-Moëzz et fille de Badîs. Ils renvoyèrent ensuite cette princesse à son frère, repoussèrent une seconde expédition sanhadjienne et, défaits par une troisième, ils cédèrent devant la puissance du sultan et conclurent avec lui un traité de paix.

Quant à Khazroun-Ibn-Said, il se rendit en Egypte à l'époque où son frère Ouerrou lui enleva le pouvoir. Il y eut pour logement le palais du khalife et ce fut là que ses enfants, El-Montecer et Said, passèrent leur jeunesse. Quand les troupes turques ex

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