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mandant de ses troupes se nommait Cacem-Ibn-Khalef-Allah. Comme Ali soupçonnait cet officier de vouloir soutenir les droits du jeune enfant qu'Abou-Yahya[-Abou-Bekr-Ibn-Thabet] avait laissé en mourant, il s'empressa de l'éloigner de Tripoli, en le chargeant d'aller percevoir les impôts dans la province de Mesrata. Cacem ressentit alors des craintes pour sa vie et se mit en révolte; mais l'arrivée d'une lettre de grâce le fit rentrer à Tripoli. Cédant encore à ses appréhensions, il obtint la permission d'aller faire le pèlerinage, et, débarqué à Alexandrie, il rencontra Mohammed-Ibn-Abi-Hilal, l'ami intime du sultan, qui se rendait à la Mecque. Ayant obtenu la protection de ce grand personnage, il s'embarqua pour Tunis avec l'intention de pousser le sultan à faire la conquête de Tripoli En passant devant cette dernière ville, il reçut des Beni-Thabet une lettre très-amicale dans laquelle ils l'invitèrent à reprendre la position qu'il avait occupée chez eux. Il y consentit, mais, ayant ensuite appris que sa vie était en danger, il partit pour Tunis. Le sultan, auquel il fit annoncer son arrivée et dont il tourna ensuite les pensées vers la conquête de Tripoli, laissa partir son fils, l'émir Abou-Hafs-Omar, avec lui, afin d'y mettre le siége. Arrivé sous les murs de la ville, El-Cacem-Ibn-Khalef-Allah obtint l'appui d'une fraction de la tribu des Debbab, mais le reste de ces nomades embrassa le parti d'Ali-Ibn-Ammar-Ibn Thabet. Il tint la place étroitement bloquée pendant toute une année, sans cesser de montrer un grand dévouement au service du sultan. Par ses soins, des sommes considérables, provenant des impôts, furent envoyées à Tunis, et, grâce à ses efforts, les Arabes se laissèrent gagner à la cause du souverain hafside.

Les assiégeants continuèrent à empêcher la ville de recevoir des vivres et à repousser les fréquentes sorties de la garnison ; mais, fatigués enfin par tant d'efforts, ils consentirent à décamper, après avoir fait reconnaître aux habitants l'autorité du sultan et reçu les arrérages de l'impôt, lequel n'avait pas été

A la place d'el Khalifa, il faut lire el-klifa.

payé pendant plusieurs années. L'émir Abou-Hafs reprit alors la route de Tunis où il rejoignit son père en l'an 795 (1392-3). A cette occasion, il obtint le gouvernement de Sfax et, après s'y être installe, il occupa Cabes, ainsi que nous l'avons dit '. AliIbn-Ammar - Ibn- Thabet exerce encore le gouvernement de Tripoli.

FIN DE L'HISTOIRE DE L'EMPIRE

ALMORAVIDE ET DES CHEFS QUI SE

RENDIRENT INDÉPENDANTS DANS LE djerîd, le zab et les PROVINCES ORIEntales de l'ifrÎKÏA. EN TERMINant le volume suivant, QUI RENFERMERA L'HISTOIRE DE LA TRIBU DES ZENATA ET DES DYNASTIES QU'ELLE A FONDÉES, NOUS AURONS ACHEVÉ NOTRE TRAVAIL.

HAFSIDE

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Page 122 de ce volume.

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TRIBUS ET DYNASTIES BERBÈRES

DE L'AFRIQUE SEPTENTRIONALE.

HISTOIRE DES ZENATA, DES CONQUÊTES FAITES EN MAGHREB PAR LES PEUPLES DE CETTE RACE BERBÉRE ET DES ROYAUMES QU'ILS Y ONT FONDÉS.

:

Depuis une époque très-reculée la race zenatienne a habité le Maghreb, où, par son existence actuelle et par les souvenirs de son ancienne gloire, elle s'est fait assez connaître. De nos jours, on remarque chez ce peuple beaucoup d'usages propres aux Arabes il vit sous la tente, il élève des chameaux, il monte à cheval, il transporte sa demeure d'une localité à une autre, il passe l'été dans le Tell et l'hiver dans le Désert, il enlève de force les habitants du pays cultivé et il repousse le contrôle d'un gouvernement juste et régulier. Parmi les Berbères, les Zenata se distinguent par leur langage, qui diffère en espèce de tous les autres dialectes employés par les peuples de cette grande famille; et, cependant, ils habitent, comme eux, les diverses contrées de l'Ifrikia et du Maghreb. On les trouve dans les pays des dattiers, depuis Ghadams jusqu'au Sous-el-Acsa, et l'on peut même dire qu'ils formert à peu près toute la population des villages situés dens les régions dactylifères du Désert. Dans le Tell, on les rencontre aux environs de Tripoli, au milieu des plaines de l'Ifrtkïa et dans la montagne de l'Auras. Cette dernière localité nous présente quelques débris zenatiens installés à côté des

1 Notre auteur aurait mieux rendu sa pensée en disant que les Zenata parlent un dialecte particulier de la langue berbère.

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